En 20(1)7, deux nouvelles : une bonne et une moins bonne :
Janvier 20(1)7 :
Un architecte coupable d’homicide involontaire ?
Jeudi 9h00.
La salle d’audience de la 4ème chambre du nouveau Tribunal de Grande Instance de Paris est pleine à craquer. Le Président doit réclamer le silence à plusieurs reprises.
Lorsqu’il annonce un délibéré dans trois mois, les avocats des parties civiles s’insurgent «Ce procès n’a déjà que trop duré ! Un an et demi d’expertises médicales, techniques, juridiques, et encore trois mois à attendre…».
L’avocat de l’architecte comme celui de l’Ordre qui est venu le soutenir, est déçu. Il veut en finir. Onze semaines, ce sera long, pour toute une profession qui se voit malmenée dans ses principes déontologiques.
Rappelons les faits :
En février 2014, le petit Gaétan, 4 ans, décède au domicile de ses parents, dans le modeste appartement de la Cité des Glaïeuls où vit sa famille depuis 8 ans. Le médecin constate le décès des suites d’une pneumonie. Au mois d’avril suivant, sa sœur âgée de 6 ans tombe à son tour gravement malade.
Elle est hospitalisée d’urgence. Maladie pulmonaire. L’appartement où vivait cette famille d’immigrés de l’Europe de l’Est n’était plus chauffé depuis le début du mois de décembre 2013.
La famille n’en avait plus les moyens. L’ APL qu’elle recevait était complété depuis quelques temps par une petite APE (Aide Personnalisée à l’Energie) mais insuffisamment pour couvrir les besoins en chauffage de ce logement construit en 2007.
L’association pour le droit à l’énergie, l’ADE, a pris les choses en main, tentant de reloger la famille, et s’est portée partie civile en déposant plainte contre le bailleur social.
Les débats dans la salle sont animés :
« Un logement n’est pas seulement une surface à habiter ! C’est un volume habitable, donc chauffé et au minimum chauffable ! Or il est impossible de chauffer vos logements, qui sont si peu isolés, et n’utilisent même pas les énergies gratuites comme l’énergie solaire ! » déclare l’ADE.
« Ces logements respectent la réglementation en vigueur en 2007 ! On ne nous en demandait pas plus à l’époque ! » rétorque le bailleur social.
« Et parce que la fameuse RT 2005 de l’époque vous permettait de construire de telles passoires énergétiques, vous laissez de familles mourir de froid ! C’est scandaleux !! »
Et la société d’HLM d’annoncer qu’elle appelle à la cause son architecte, se disant elle-même incompétente en matière d’énergie et désignant ce dernier comme seul sachant :
« L’architecte, au titre de son devoir de conseil aurait dû nous alerter ! Lui, il connaissait les enjeux ! Rappelez-vous, tous les concepteurs étaient conscients, à l’époque déjà, que les années à venir verraient les coûts de l’énergie multipliés par trois ! La crise de 2008 était annoncée ! »
Suivent des débats houleux sur le devoir de conseil, les responsabilités respectives du maître d’ouvrage et du maître d’œuvre. Plus personne n’écoute vraiment dans la salle. Le Président demande le silence et annonce un délibéré dans trois mois.
À suivre… D’autres procès du même ordre sont en cours.
Avril 20(1)7 : Potagers libres !
Depuis 2014, année de la libération de Paris des automobiles, la ville a beaucoup changé : Bien sûr la pollution a très nettement diminué, mais la réduction considérable du trafic a eu d’autres conséquences mal mesurées à l’époque.
La suppression de la plupart des feux, des panneaux de sens et de stationnement interdit, qui ont été remplacés par des systèmes de diodes et de signalétique au sol, a libéré la ville de toute une série d’obstacles physiques et visuels. Les potelets, les barrières sont aller se faire recycler.
Les mini- voitures se déplacent silencieusement et surtout très lentement sur des chaussées revêtues de sols perméables.
Mais le changement le plus important résulte de la plantation massive de jardins. De nouveaux types d’espaces verts sont apparus, étirés le long des rues, comme de grandes langues vertes. Certains sont à thèmes, comme celui de la rue Vieille du Temple : « le jardin de la renaissance » : des botanistes y ont reconstitué une collection de plantes odorantes qui, d’après les historiens, ornaient tout jardin de cette époque.
Mais en ce début d’avril 2017, alors que les jardins sur berges verdissent à peine, le conseil d’agglomération vient de lancer l’opération des potagers libres !
À vos bêches, pelles, râteaux et binettes !
Quelques places sont peut-être encore à prendre. Si vous vous engagez à entretenir parfaitement votre potager pendant toute la saison de production, vous aurez droit à 20 m2 environ de sol profond dans votre rue ou pas très loin.
Des conférences sur les légumes et les petits fruits sont prévues et une formation gratuite est dispensée à chaque volontaire.
Dépêchez-vous, l’opération, qui s’inscrit dans le programme « Fertiliser la ville » a un tel succès que déjà des co-jardins s’organisent.
D’autres villes, sans attendre les résultats de cet événement, annoncent déjà qu’elles organiseront des opérations similaires l’année prochaine.
Bilan en octobre !