Note de présentation aux acteurs des ateliers :
1. Texte de présentation de l’exposition pour l’AFP.
2. Présentation du contenu général de l’exposition
3. Le principe des Ateliers
1. Texte de présentation de l’exposition pour l’AFP.
" Le Développement Durable, s’il était véritablement pris en compte dans l’ensemble de notre cadre de vie, à toutes les échelles de l’aménagement, c’est à dire du Territoire jusqu’à l’Objet,serait susceptible de transformer profondément la Ville, le Paysage, l’Habitat, les lieux de vie en général.
Une telle démarche engendrerait des métamorphoses considérables et permanentes de nos espaces d’évolution.
L’exposition tentera de rendre compte des transformations, bouleversements successifs que pourrait connaître un morceau de ville, ses espaces construits ou extérieurs, privés ou publics,si les conditions d’un développement durable étaient prioritaires dans la conception urbaine et architecturale.
Elle montrera des démarches en cours, des tentatives de concevoir notre environnement autrement, des illustrations de ce que pourrait devenir à court, moyen et long terme nos cités.
Des architectes, urbanistes, paysagistes proposeront des solutions spatiales , des images, des rêves ,de ce qu’ils croient pouvoir être la Ville, demain et après-demain si elle sait s’adapter, se métamorphoser pour créer de nouveaux équilibres, toujours fragiles, dans lesquels les habitants actuels et les générations futures vivront mieux , ensemble, autrement. "
2. Présentation du contenu général de l’exposition
Métamorphoses durables :
vivre et habiter autrement.
De manière générale :
Le projet est conçu dans un objectif de démonstration d’un savoir-faire national au delà de la capacité de quelques personnalités à produire de la qualité et de l’innovation architecturale dans les projets comme dans les constructions.
Il veut être source de pédagogie pour les visiteurs de l’exposition, du pavillon et contribuer à générer un mouvement d’entraînement des différents acteurs du cadre de vie et particulièrement des étudiants et jeunes architectes vers la prise en compte du développement durable dans les projets d’aménagement quelque soit leur échelle.
Le pavillon montrera donc plus un " travail en cours ", "des modes de pensée en construction " que des objets finis (projets ou constructions) qui témoigneraient plus d’un certain retard français dans le domaine du développement durable qu’un leadership que l’on reconnaîtra plus chez nos voisins européens.
L’exposition, bien que centrée sur l’architecture, l’objet bâti et particulièrement le logement, s’intéressera à toutes les échelles de l’aménagement, du territoire à l’objet. C’est par définition le champ d’application de la problématique du développement durable qui ne peut être découpée en segments géographiques ou d’échelle d’intervention.
Elle devra également faire part de l’échelle du temps, des transformations (métamorphoses) des territoires, des bâtiments et des objets pour répondre à des besoins en perpétuelle évolution et préserver l’avenir de notre environnement pour les générations futures.
Le projet consiste à proposer une exposition en deux parties :
La première partie témoigne d’un savoir-faire, montrant des réalisations et des projets sur l’échelle globale du territoire à l’objet.
Il pourrait être intéressant de montrer les démarches de villes et si possible de grandes agglomérations (agenda 21) du point de vue des politiques d’aménagement avec des exemples concrets de réalisation (architecture proprement dite).
De poursuivre avec des projets " HQE " en insistant sur le sujet du logement. De terminer avec des objets de la vie courante.
Les images associées doivent montrer un " autrement ", donner envie, créer du désir de construire différemment, d’inventer des solutions.
La deuxième partie, la plus importante, traite spécifiquement des " métamorphoses durables ".
Il s’agit donc de montrer, toujours à l’échelle du territoire jusqu’à l’objet, comment le cadre bâti (aménagé au sens large) peut se transformer, doit se transformer, pour devenir un environnement durable, adapté en permanence aux transformations sociales et économiques.
La ville est un organisme qui doit rechercher un équilibre environnemental permanent. Elle est donc en transformation permanente, l’équilibre étant toujours instable et chaque action, modification d’une partie de l’ensemble doit provoquer un rééquilibrage du tout.
Il s’agit de montrer ces transformations possibles, qui vont conduire à une autre conception de la ville, propositions utopiques mais concrètes qui contiennent elles-mêmes, dans leurs caractéristiques, géométriques, formelles, architecturales les moyens de leurs transformations futures.
Pour cela trois ateliers seront proposés, ateliers de conception et transformation d’un morceau de ville, ateliers de projet, réunissant différents professionnels du monde de la construction : urbanistes, architectes, paysagistes.
Ces trois ateliers devront prendre en compte un scénario qui reste à définir, et qui comportera trois grandes séquences à l’échelle du temps zéro, + 25 ans et + 50 ans.
Chaque atelier fait intervenir une équipe différente qui travaillera avec l’histoire de la séquence précédente. Acte I, acte II et acte III.
L’objectif est de montrer que la ville doit se transformer en permanence, tout d’abord pour devenir un milieu durable, puis pour se densifier progressivement, dans un système d’équilibre instable mais toujours réfléchi. Que ces transformations sont nécessairement conséquentes dans les usages et les images (architecture et esthétique) et ceci dans les trois dimensions.
……… Que les concepteurs français sont prêts à affronter ce challenge, qu’il existe une masse de pistes de réflexion, de projets, d’idées, un enthousiasme pour changer la ville, proposer d’autres solutions, ensemble,
Que des concepteurs peuvent travailler ensemble, et successivement dans la mémoire et le respect du travail des autres, dans des objectifs humanistes qui les replacent dans leur rôle social et mettent en évidence leur responsabilité de concepteur face aux décideurs.
Ces ateliers devront être documentés, retraduits dans leur processus d’élaboration du projet mais aussi dans les résultats. Il est proposé de réaliser des maquettes, maquettes d’études pour chaque atelier accompagnées de croquis ou tout autre support explicatif de la démarche et des projets et trois films montrant le travail de l’atelier, les interrogations, le " faire ".
3. Le principe des Ateliers :
Comme précédemment expliqué, il est difficile de montrer ce que nous faisons en France au niveau du développement durable dans le domaine de l’architecture. Même si nous n’avons pas à avoir honte, nous pourrions nous ridiculiser ou tout au moins nous placer comme des retardataires, mauvais élèves, vis à vis de certains pays européens (même si leurs actions ne sont pas toutes pertinentes).
Le problème est donc de déplacer le débat, par rapport à ces autres pays, et également par rapport aux orientations françaises actuelles en matière d’architecture :
- Les bâtiments " durables " sont souvent de médiocre qualité (et certains tentent souvent de la justifier ainsi), - La " HQE " est très contestable au niveau de la stratégie et des conséquences sur la commande. Elle " déculpabilise " aussi les MO et les politiques sur des sujets bien plus stratégiques qui sont relatifs au développement et à l’aménagement des territoires en général, aux options énergétiques, aux actions sociales etc…
- Je dirais que par définition le développement durable est en opposition complète avec les grandes options actuelles sociales et économiques, la culture dominante de notre pays., celle de l’individualisme
D’ailleurs, quitte à trouver une traduction du mot " sustainable ", il me semble qu’équitable serait plus juste. L’appel d’offre est ouvert pour proposer un autre vocable pour l’exposition à Venise….
Par ailleurs, l’objectif de l’exposition est un objectif pédagogique. Il s’agit :
- d’entraîner dans la voie d’une réflexion autre qu’une seule démarche formelle les étudiants qui verront l’expo, de montrer que des architectes de renom sont moteurs dans cette démarche, qu’elle n’est pas réservée aux mouvements écologistes parfois rétrogrades, bref, d’associer au D.D. une image de modernité, d’innovation, et d’ouverture en génal. - De montrer aux MO et aux politiques que d’autres manières de penser la ville sont possibles, riches de qualité et porteurs d’images de qualité de vie.
- De convaincre le public et les architectes en particulier que les concepteurs ont une responsabilité, un rôle social, qu’ils avaient peut-être tendance à oublier, qui est majeur, dynamique. - D’associer la réflexion souvent seulement fonctionnaliste sur la ville aux préoccupations sociales, politiques, humaines de notre temps de bouleversements majeurs de nos économies.
- De produire des " images " des " illustrations " de ce que pourrait être notre environnement urbain si les préoccupations de DD étaient prioritaires, images qui font cruellement défaut, dans une société où les prospectives existent peu, et les utopies absentes. - De produire ces illustrations " ensemble ", démontrant que l’action collective, concertée est nécessaire et possible, même entre des concepteurs qui sont d’habitude en situation de concurrence et d’isolement.
Compte-tenu des délais et des seuls 6 mois restant pour concevoir, documenter et réaliser l’exposition, une démarche " scientifique " n’est pas possible.
Il est impensable de procéder à des études approfondies du sujet, même restreint à un site particulier. Le faire en quelques semaines est illusoire. Faire semblant est prétentieux. Et dangereux.
Le travail présenté dans le Pavillon ne peut être proposé comme une concurrence possible des études en cours sur tout le territoire et en particulier sur l’agglomération parisienne. Il nous faut rester dans le domaine de l’illustration, de l’image, de l’utopie.
J’entends par utopie un projet qui s’affranchit de contraintes réelles financières juridiques et technocratiques mais qui propose des solutions viables en matière d’aménagement, d’architecture et d’urbanisme, finalement " réalistes " si les moyens étaient disponibles (et la motivation bien sûr).
Il faut non seulement prendre garde à ne pas se présenter comme concurrents, mais au contraire montrer clairement que ce ne peut être le cas. Sortir du cadre réel, se mettre " hors jeu " dès le départ.
C’est pourquoi, les ateliers, qui ne durent que deux jours et rassemblent quatre concepteurs qui n’ont jamais travaillé ensemble sont conçus comme des " jeux de rôles " déconnectés de la réalité économique et juridique du site. D’ailleurs le site choisi, au Nord de Paris,n’a pas aujourd’hui vocation de devenir un terrain d’expérimentation sur le Développement Durable. Il est engagé dans une politique de développement économique exclusivement lié au développement d’activités
Afin de provoquer et d’affirmer cette déconnection par rapport à une réalité économique d’aujourd’hui, les trois ateliers, les trois jeux se déroulent dans des temps encore éloignés (2014 pour le premier) et très éloignés ( 2039 et 2064) pour introduire clairement un concept proche de la science fiction.
Quand à la fiction elle-même, elle est issue des évènements qui seront proposés aux acteurs- concepteurs comme motifs de transformation du site. Ces évènements sont de l’ordre du probable, mais volontairement exagérés, caricaturés dans leur intervention pour provoquer des réactions fortes des concepteurs, des idées innovantes, montrer des contradictions, des conflits et les identifier.
Compte tenu du peu de temps de travail accordé aux concepteurs pour aboutir à la réalisation d’une maquette d’étude de grande dimension (360 x 160), les évènements doivent être simples à appréhender et surtout donner lieu à des propositions traduisibles aussitôt en volume. Ce qui n’est pas montrable, explicable, peut être décrit parallèlement, mais n’aura pas l’impact visuel recherché.
Les trois scénarios qui seront donnés aux trois équipes sont prévus, dans leur rédaction , comme des jeux de rôle.
Un certain contexte économique et politique sera décrit, justifiant les évènements proposés. C’est pourquoi la date de 2014 a été choisie, permettant de dégager le projet et le discours tenu dans les scénarios des réalités ou prospectives sérieuses politiques.
Les ateliers doivent rester un jeu, un jeu collectif, qui puisse vraiment se dérouler sur deux jours, qui soit aussi un moment de créativité heureuse, de partage.