Un projet ouvert sur l’avenir
Le travail sur la ville doit être considéré dans le cadre d’échéances à très long terme.
C’est en ce sens qu’il se place , de fait, dans un objectif de développement durable puisqu’il doit proposer des conditions de vie, d’habitat, de travail, de loisir d’éducation pour plusieurs générations à venir.
C’est la raison pour laquelle notre projet de plan-masse se veut :
- d’une part modulable, au niveau de la phase de projet elle –même et dans l’avenir, alors que l’essentiel sera bâti, afin de pouvoir réajuster le développement urbain aux conditions inconnues ce jour mais qui s’imposeront aux générations futures,
- d’autre part exemplaire, voire pilote en matière de développement durable et d’écologie urbaine.
Enfin le projet intègre d’ores et déjà ce qui nous apparaît comme indispensable pour la qualité de vie des habitants :la disparition de l’autoroute en aérien et au sol, au profit d’une solution enterrée.
Un projet de développement en deux phases :
La volonté de Plaine Commune et de la Ville de Saint Denis est de réaliser l’enfouissement de l’autoroute aujourd’hui aérien et qui constitue une nuisance, visuelle, sonore et une source de pollution considérable.
Le projet propose de considérer la décision de cet enfouissement comme un objectif sérieux et parfaitement atteignable dans la décennie à venir.
Le plan – masse montre donc deux étapes :
- une étape à court terme, qui prend en compte l’autoroute aérienne et propose des mesures simples et peu coûteuses en ressources pour minimiser son impact pour les populations des riverains,
- une étape à moyen terme, proposant un aménagement urbain compatible avec l’enfouissement des voies actuelles.
L’objectif du projet est donc de proposer un aménagement en phase 1 qui :
- permette de diminuer les nuisances de l’autoroute,
- avec des travaux minimum,
- des ouvrages provisoires démontables (et recyclables),
- ménage des espaces de chantier pour l’enfouissement de l’autoroute peu perturbants,
- propose des aménagements de surfaces et des constructions provisoires sous l’autoroute aérienne facilement modifiables ou déplaçables.
En phase 2, le projet propose un aménagement urbain qui respecte l’équilibre de la phase 1 et le renforce. Ce projet permet de densifier la ville et de finir de tisser les liens fonctionnels et bâtis entre le centre de Saint Denis et le quartier du Stade de France.
La phase 2 est donc bien l’objectif d’aménagement urbain proposé par le projet de plan – masse.
La voirie et les dessertes
Le projet reprend dans ses principes de voirie et desserte le plan -masse de la ZAC tel que prévu par les précédents urbanistes.
Nous avons considéré, en l’absence d’étude montrant des défauts à corriger, qu’il constituait une base solide pour l’aménagement du secteur. Il a donc été simplement modifié pour s’adapter au parti retenu dans le projet.
Ainsi le schéma viaire et les niveaux de voirie comme le nivellement du site s’inspire fortement du plan masse précédent.
Par contre, les masses bâties sont réparties différemment afin de prendre en compte une autre conception de la ville, du rapport à l’eau et du développement durable, élément de réflexion prioritaire aujourd’hui.
L’autoroute :
L’autoroute est équipée en phase 1 de protections phoniques afin de limiter les nuisances vis à vis des riverains. Ces protections forment une coquille exprimant le « tube » de circulation que représente l’autoroute. Cette coquille fixée latéralement sur le tablier du viaduc permet également de traiter la sous - face de l’autoroute dans son tronçon dominant le quartier.
Les bretelles d’accès sont déplacées à l’est du site et accessibles depuis un rond- point à créer provisoirement.
Elles sont considérées comme provisoires : elles sont supportées par une structure métallique, facilement démontable et recyclable.
L’objectif est bien d’aménager une solution provisoire permettant le développement du quartier et la minimisation des nuisances en minimisant l’investissement nécessaire et l’utilisation de ressources non renouvelables.
En phase 2, l’autoroute est enfoui. Nous avons considéré que sa dalle supérieure ne pourrait recevoir de constructions lourdes. Les éléments de bâti proposés sur la couverture sont donc légers : couverture d’un marché, petits kiosques.
Les bretelles d’accès à l’autoroute ne sont pas conservées. L’espace latéral ainsi libéré permet la construction de bâtiments supplémentaires qui viennent border le mail situé au dessus de la dalle et dans lequel on trouve le marché et les kiosques.
Les distances entre les constructions de la phase 1 et le chantier de l’enfouissement de l’autoroute sont suffisantes pour réduire les gênes qui seront occasionnées. Les quelques constructions situées en dessous du viaduc sont des constructions légères démontables pendant le chantier.
Les voies automobiles :
Elles sont dimensionnées et positionnées en plan et en altitude de manière similaire au plan d’aménagement précédent.
Il est proposé de libérer l’ensemble des quais le long du canal et du bassin de toute circulation à l’exception des circulations piétonnes et douces ou des véhicules de secours et d’entretien.
Les circulations douces :
Destinées aux vélos et autres moyens légers et non polluants de transport, elles irriguent le site sur sa totalité. Elles empruntent soit des pistes cyclables identifiées le long des voiries (Avenue Casanova et boulevard Anatole France, ou rues 05 et 06), soit des cheminements piétons (le long de l’allée qui mène à la passerelle de l’écluse) et rejoignent toutes le quai du canal Saint Denis et le bassin.
Les circulations piétonnes :
Outre les larges trottoirs plantés, l’accès des piétons au canal et au bassin se fait principalement par la traversée des îlots A et B et le long des îlots C, D, et E au travers des parcs urbains et allées.
L’accès au Stade de France se fait par une rampe continue, réalisée en phase 1 par un talus planté en pente douce. Une allée conduit à cette rampe parfaitement visible depuis le Nord du site, au sortir de la station de métro et au débouché de la place des échanges.
En phase 2, lorsque l’autoroute est enfouie, cette rampe est remplacée par une passerelle
dont la pente douce permet l’accessibilité vélos et à beaucoup d’autres utilisateurs, même si sa pente ne peut malheureusement se conformer à la règle des 5% pour les PMR (pour ces utilisateurs, des ascenseurs sont prévus).
Les transports en commun :
La zone d’échanges bus/tramway/métro est maintenue dans ses grandes caractéristiques et selon le scénario 3 « Nord Sud ».
Il est par contre proposé de ne pas construire l’extrémité ouest du bâtiment prévu au Nord de l’avenue Casanova afin de créer une place dans l’axe de l’avenue du président Wilson.
Cette place constitue un fond de perspective et un « obstacle » dissuasif pour les automobilistes trop rapides.
Elle est couverte en partie d’une structure arborescente qui abritera les passagers des transports en commun, un parking à vélos, et qui regroupe les arrêts bus/Métro/tram/Taxi et constituera un point de repère important et d’information à l’entre de la ville ancienne.
Il est proposé que la station de métro soit ouverte en partie afin de lui apporter de l’éclairement naturel tout en étant abritée par la couverture.
Les voitures particulières contourneront l’ « obstacle » de la place, signifié depuis une longue distance par sa couverture, tandis que les véhicules de transports collectif de surface pourront la traverser.
La couverture arborescente reste transparente pour l’oeil du piéton et conserve les perspectives sur les berges et les parcs urbains au sortir de la rue la Légion d’Honneur.
C’est pour les automobilistes le signal d’une porte de la ville de Saint Denis.
L’ouverture au sud sur le canal et le bassin
La qualité majeure du site dans ses caractéristiques géographiques est la proximité du canal et du bassin de la Maltournée qui le bordent au Sud.
Le projet propose non seulement de faire bénéficier les habitants du nouveau quartier de la proximité de l’eau, mais d’orienter tout le quartier sur ces espaces de berge et d’offrir une large ouverture, une véritable perspective au sortir du centre de Saint Denis sur ces espaces.
Au débouché de la rue de la légion d’Honneur, sur un angle de 70 degrés sont offertes des vues sur les parcs, le bassin et le canal invitant les promeneurs à s’approcher des berges.
Ceci est possible grâce à la disposition du bâti en éventail, perpendiculairement aux rives favorisant la plus grande transparence du quartier sur le Sud.
Le cœur de l’îlot A est traité en parc urbain tout comme l’îlot B. Ces deux parcs plantés d’arbres formant une couverture continue permettent aux promeneurs de s’approcher des berges au travers d’un espace paysagé orienté au Sud.
L’îlot C ouvre également la perspective sur le canal grâce à l’allée qui conduit au stade de France et à l’aménagement paysager de l’îlot E où se trouvent en phase 1 des terrains de sports et petits équipements de proximité et de service aux sportifs, bâtiments provisoires et démontables.
En phase 2, le cœur d’îlot reste libre tandis que ses deux façades sur les voies de desserte sont bâties.
Ces espaces plantés sont à dominante publique. Des espaces verts privés pourront y trouver place dans une proportion qui reste à déterminer en fonction de l’évolution des projets et des programmes qui les borderont.
Le bâti n’est jamais parallèle aux berges afin de les rendre visibles depuis la place des échanges et de ne pas « privatiser » la proximité à l’eau. De plus cette disposition permet de faire bénéficier des vues sur le berges un nombre très important de locaux, plus important qu’avec des dispositions frontales.
Le bâti :
Il passe graduellement de R+5 au Nord à R+1 au Sud afin d’accompagner la progression d’un quartier traditionnel à forte qualité urbaine, vers des lieux de nature plus paysagée, tissant des relations étroites avec le bord de l’eau.
Qualité environnementale des bâtiments :
Il est proposé que toutes les nouvelles constructions soient strictement soumises aux conditions d’une qualité environnementale de haut niveau.
Ceci ne constitue aujourd’hui un handicap ni financier, ni technique et sera un atout pour les investisseurs dans leur démarche commerciale.
Et en particulier :
- Minimisation de l’utilisation des matériaux non renouvelables et mis en œuvre permettant le démontage et le recyclage,
- Minimisation des énergies non renouvelables et particulièrement rafraîchissement naturel des locaux,
- Modularité permettant la transformation ultérieure aisée et à faible coût en matière et en énergie ,
- Suppression des sous-sols débordant permettant de conserver des sols perméables.
Un éco-quartier au Sud
Il est proposé que la bande Sud du site, le long du canal, soit les îlots B, E, H et I soit réalisée sous forme d’un éco-quartier. C’est-à-dire un quartier pilote en matière de développement durable.
Cet éco - quartier, attractif par son site le long des berges, bénéficiant d’une orientation Sud privilégiée, trouve sa place tout naturellement au bord de l’eau et pourrait avoir une action pédagogique auprès du grand public en ce qui concerne les rapports de l’eau et de la ville, et la consommation, préservation et traitement de l’eau en général.
Cet éco-quartier devra développer tous les dispositifs les plus exemplaires aujourd’hui en terme de développement durable et de protection de l’environnement.
Ce qui est réalisé depuis de nombreuses années en Angleterre, en Allemagne, en Suisse ou en Autriche est parfaitement réalisable en France.
Sa valeur d’exemple auprès d’une population très sensibilisée aux sujets de protection de la planète, de confort et de santé devrait en faire un quartier attractif et démonstratif à l’échelle de l’agglomération parisienne qui ne possède aucun quartier de ce type.
Il est possible aujourd’hui de réaliser des bâtiments approchant la consommation énergétique « zéro ». Ils utiliseront les énergies renouvelables comme l’énergie solaire, profitant de l’orientation tout à fait privilégiée de ce secteur. Tout comme ces bâtiments peuvent utiliser en très large majorité des matériaux renouvelables .
Ils pourront récupérer l’eau de pluie et la réutiliser en eau grise, ou bien la dépolluer naturellement dans des fossés plantés à cet effet avant de la rejeter dans le canal.
Les programmes devront être mixtes (logements, activités, bureaux, ateliers).
Cet éco –quartier se développera sur toute la partie Sud du site :
L’îlot B accueillera des programmes différents (par exemple : logements pour le bâtiment 1, logements et activités pour les 2, 3 et 4, bureaux pour le 5).
L’îlot E est à dominante sportive ( Bureaux pour le bâtiment 1, activités et services pour les 2, 3 et 4).
Les îlots H et I sont à vocation de logements, individuels groupés ou semi collectif dans une optique de continuité avec les quartiers bordant le canal à l’Est.
Un quartier « HQE » au Nord
En première phase, les îlots A, C, D, F et G sont disponibles.
Leurs programmes pourront être mixtes, accueillant bureaux, commerces et habitations.
L’îlot G est plutôt destiné à un hôtel compte tenu de sa parfaite visibilité depuis l’autoroute et de sa façade sur l’avenue Casanova (il est proposée une structure bâtie avec jardin d’hiver intérieur).
L’îlot F pourrait abriter un ensemble plus mono -fonctionnel, tel qu’un siège social.
Quant aux îlots A, C, et D, leur affectation n’est pas prédéterminée.
En phase 2, l’autoroute, qui est enterrée, offre de nouvelles disponibilités foncières :
Le long du mail de couverture de l’autoroute, peuvent être construits de nouveaux bâtiments particulièrement bien orientés sur l’espace public du mail et chacun développant une façade Sud importante. Les surfaces disponibles pourront être affectées, selon les besoins qui apparaîtront à l’achèvement des travaux.
Un nouvel îlot est créé, l’îlot J, conçu comme un bâtiment épais qui pourra être constitué d’une alternance de parties bâties et de jardins d’hiver Nord Sud.
Tous les bâtiments ont une profondeur de 12 ou 16 mètres qui permet une ventilation transversale naturelle et une multiplicité d’affectation (logements, services, tertiaire), à l’exception des îlots H et I qui par la typologie du bâti sont destinés à accueillir plutôt des habitations.
Les espaces non construits :
Qu’ils soient végétalisés ou non, publics ou non, ils doivent contribuer à la qualité de vie dans la ville. Plusieurs types d’espaces sont proposés :
- La place des échanges au débouché de la rue de la Légion d’Honneur,
- Le parc urbain qui rassemble les intérieurs d’îlots A et B,
- L’allée vers le Stade de France au travers des îlots C et D,
- L’espace public à vocation sportive sur l’îlot E,
- Le mail lorsque l’autoroute sera enfoui accueillant marché et kiosques